Groupes de discussion : fr.rec.arts.plastique

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De : "YoudontNeedThatNeither"@sol.earth

Date : Fri, 13 Jun 2008 13:10:23 +0200

Date/heure locale : Ven 13 juin 2008 13:10

Objet : Re: images de synthèse ?

tTh a écrit :

> Bonjour. La création d'images par le biais de l'informatique au sens programmation du terme peut-elle être considérée comme un art platique, dans la mesure ou la main du créateur n'aura quasiment rien dessiné "en direct", mais plutôt donné des instructions à la machine afin qu'elle s'occupe toute seule de la fabrication des images ?

Noëlle Adam.a écrit :

Et le ready made ? Et les aveugles qui peignent avec le pied ? Non, en fait sans blague la question m'interesse aussi, sans avoir de réponse sur le sujet. En particulier par confrontation avec ce que font les fractalistes... Car il est notoire que les photographes, qui ne font que donner des instructions à une machine, ne sont en aucun cas des artistes plasticiens :). On me l'a fait, le coup du travail manuel. Si la question est sérieuse, elle porte en elle-même la question plus générale de ce qu'est l'art par rapport à ce qui est sa fabrication.

 

Groupes de discussion : fr.rec.arts.plastiques De : "Jean Claude SARPI" <la...@wanadoo.fr> Date : Sat, 14 Jun 2008 16:22:46 +0200 Date/heure locale : Sam 14 juin 2008 16:22 Objet : Re: images de synthèse ?

Là il devient indispensable de poser un préalable de signifié usuel de l'image informatique qualifiée habituellement d'image virtuelle.
VIRTUEL, en Allemand, Virtuell, Virtual, potentiel, potential. En Englais, Virtual; Italien, Virtuale. Historique. ((Virtuel)) dans la langue scolastique, s'oppose à formel: il marque ce qu'est une chose en essence ou en puissance, bien quelle ne soit pas telle [formaliter] ou [in actu]. Le "principe des vitesses virtuelles" fondamental en mécanique peut s'énoncer ainsi:((Quand un système de points matériels liés entre eux d'une manière quelconque est en équilibre, la somme des travaux virtuels de toutes les forces directement appliquées au système, est nulle pour tout système de déplacement virtuel compatible avec les liaisons.)) D'une manière plus générale est "virtuel" ce qui n'existe qu'en puissance et non en acte. Cela peut s'entendre en deux sens. Faible: ce qui est simplement possible en un certain sujet. Ce bloc de marbre est irtuellementDieu, table ou cuvette. Fort: ce qui est déjà prédéterminé, quoique cela n'apparaisse pas et qui contient toutes les conditions essentielles de son actualisation. En optique, l'expression {image virtuelle) ne tombe dans aucun de ces sens. L'ordinateur nécessaire pour les produire n'est qu'un outil de plus. Complexe, cher et d'une mise en ouvre excessivement laborieuse, délicate et ardue. Il ne se substitue ou remplace aucunement le talent ni le plus simple des fusains mais n'est rien d'autre qu'un outil de plus Le synthétiseur et le cd enregistrable n'ont pas rendu tout le monde musicien. Les calculatrices de poche n'ont pas fabriqué des mathématiciens par magie. La caméra super huit, puis vidéo n'a pas révélé des créateurs de films de génie à la pelle. Son utilisation dans des conditions correctes afin d'obtenir un résultat un tant soit peu acceptable impose des moyens techniques et financiers qui écartent de facto l'amateur. Si elle reste un outil didactique indispensable dans les écoles de cinéma son usage privé et prétendument "artistique" est, sauf exceptions, généralement indigent, calamiteux et au mieux grotesque, en tout cas il ne montre que la maladresse et l'absence d'esprit d'invention.La photo n'a pas tuée le dessin ni la peinture. Le cinéma n'a pas plongé la photo dans les oubliettes, la télévision emprunte au cinéma ses techniques et ses talents et seul le système mercantile fait que l'un se trouve privilégié sur l'autre uniquement pour une question de coût de revient et surtout de rapport. Le paradoxe se pousse aujourd'hui jusqu'à voir latélévision cofinancer les plus grosses machineries cinématographiques car c'est encore là que se trouvent réunis les plus fertiles talents entraînés à se dépasser par l'énormité des contraintes.Les images virtuelles), comme les jeux vidéo, restent pour le moment des gadgets. Des sous produits sophistiqués d'une industrie dédiée à la technologie militaire qui tente de rentabiliser ses frais de recherches. Il en sera comme des autres outils, seuls les talents qui auront maîtrisé l'outil seront à même de produire des ouvres de qualités. Donc, il manque cette relation étroite avec le corps et avec tout ce qui peut le faire travailler agir, réagir. Ne posons pas de la finalité de l'art car ce débat reste actuel réactif ludique et durera je le crois et l'espère autant que nous (plus tard m'indiffère, à chacun sa merde). Acceptons comme base de "dispute" comme l'aurait dit notre brave F. Rabelais, que l'art soit (entre autre) et par essence (de térébenthine, oui je l'ai faite, tant pis pour vous), l'accord du sensible et du spirituel. Car il ne peut se résumer à la seule pensé (le diable patafiole les conceptuels) ou n'être que matérialité brute, qu'il patafiole aussi les peintreux. De part ces deux aspects, et au delà de son expressions physique il engendre un phénomène spéculatif. Ceci posé, considérons le déroulement du processus.

1/Intégration, maturation, conceptualisation engendre la « création »

2/ Expression, mise en ouvre, réalisation engendre la « matérialisation »

3/ Visualisation audition, perception, émotion engendre la « relation sensible»
4/ Décodage, investissement, compréhension, communion engendre la « relation spirituelle ou intellectuelle».
Pour faciliter la réflexion, je considérerai l'ouvre d'art comme un SIGNE MATERIALISE. Il en découle que si elle se montre elle ne se dévoile pas d'elle même, qu'elle n'a pas à plaire ou déplaire, quelle est, là, et qu'au delà du perçu elle peut être traversée, sa forme dépassée, pénétrée, pour atteindre à son sens le plus profond le plus étendu. L'être humain qui s'accompli dans les domaines physiques et spirituels trouve dans l'ouvre d'art un support qui satisfait aux deux. Dans le phénomène de la création qui conduit à la Matérialisation l'artiste intègre de façon généralement subconsciente toutes les expériences de son vécu (le diable vérole les surréalistes tendance Breton). Il passe au filtre (philtre !?) de son "savoir faire" de sa "capacité technique" les fondements de sa personnalité pour en tirer un SIGNE, l'ouvre d'art, qui est MATERIELLE et SUBJECTIVE (inversement et réciproquement (voir P. Dac)). Ignorer, dénigrer, tenir pour nulle, ou inutile, LA FORME est aussi aberrant que de nier la FONCTION de l'ouvre d'art (le diable compisse les conceptuels). Alors prendre un ordinateur produire une image, deux images, en fabriquer des puzzles dont les découpes correspondent puis après mélange, recomposer une nouvelle image qui sera le résultat de, quoi au fait ? On s'en tape de toutes les façons c'est une image transformée, donc plastique........
Mais est-ce que cela en fait une ouvre d'art?
En est-il même besoin?


à suivre.

Si vous avez un texte polémique,

proposez le nous................... ;-)))

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